L’ACTU

Violences sexuelles, harcèlement et sexisme dans le cirque :  le collectif Balance ton cirque voit le jour

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Depuis quelques années, L’Ebullition a mis au travail les questions de genre dans le milieu du spectacle vivant. Après la réalisation d’une enquête, et la co-animation de formations (notamment « Question de genre dans le spectacle vivant », en partenariat avec l’Escargot Migrateur), de journées d’études, le constat est sans appel: les situations de violences sexuelles, de harcèlement et de sexisme sont extrêmement courantes et encore trop souvent banalisées.

Dans le milieu du cirque, en particulier, les langues commencent à se délier. Le collectif Balance ton cirque, constitué d’ancien-nes étudiant-es de grandes écoles, vient de voir le jour pour dénoncer ces violences.

« Le cirque est un milieu de travail où on doit être fort, où on travaille dans la douleur, où on dépasse constamment ses limites mentales et physiques, on ne veut pas avoir l’air trop fragile ou trop prude, donc on accepte beaucoup de choses. Il ne faut pas oublier non plus que c’est un milieu où les artistes sont assez jeunes, donc les filles se disent : c’est comme ça que ça se passe. Elles n’osent pas dénoncer… » explique Émilie Grenon-Émiroglou, artiste de cirque québécoise. Ajoutons à cela le fait de partir en tournée tou-te-s ensemble, la proximité au quotidien et les contacts très physiques que les élèves et les artistes ont avec leurs partenaires, leurs entraîneurs ou leurs directeurs, tout cela crée un terreau favorisant les violences sexuelles. « Le cirque est un petit milieu, pour moi c’est vraiment une de mes familles. Et personne ne veut être celui qui brise la famille. On ne veut pas non plus perdre sa place dans la famille, être rejetée. Et ultimement, c’est aussi risquer de perdre des contrats, de ne plus travailler» explique encore Émilie Grenon-Émiroglou dans La presse (Québec)1.

En France, les personnes qu’on a rencontrées disent peu ou prou la même chose. Des ancien-ne-s étudiant-es du Centre National des Arts du Cirque, des Fratellinis, de l’école de cirque de Turin et d’autres, nous font part de situations récurrentes de harcèlement qui peuvent aller jusqu’à de la violence sexuelle. Le harcèlement est multiforme : les stéréotypes de genre viennent se combiner aux attendus des disciplines, ce qui dédouble la pression sur les corps. L’activité circassienne travaille par nature le dépassement de soi. La concurrence et l’accès à la reconnaissance y est rude. A ce titre, une réflexion plus large sur la pression dans les écoles ne serait pas un luxe. L’image des écoles est en jeu, et celles-ci semblent encore très attachées à formater des élèves aux capacités physiques maximisées vis-à-vis de leur discipline. Rêvons d’un cirque queer où l’on pourrait voir des corps variés, aux formes diverses, dont une des matières de jeu serait ce que la diversité des corps offre de possibles, au sein même de la performance physique.

Le phénomène n’est pas marginal. Au contraire, il est beaucoup plus répandu qu’on ne le croit, et il est le plus souvent le fait de personnes en situation d’autorité . Il touche les élèves, mais aussi certaines professeures. Des violences qui amènent certain-es- élèves ou professeures pourtant très motivé-e-s à quitter l’école ou le milieu du cirque. Si ce sont majoritairement des femmes qui en sont victimes, des personnes issus de la communauté LGBTQI+ sont aussi la cible de ces violences.

En ce début juillet, le collectif Balance ton cirque s’est créé pour que ces violences ne soient plus tabou. Les premières concernées doivent avoir des espaces pour parler, créer de la sororité, reprendre confiance, qualifier les situations. Leur but dans un premier temps, est de récolter des témoignages d’artistes ayant subi du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles lors de leur formation circassienne. Le 2 juillet, lors du festival Les Echappées, à Chalons en Champagne, des anciens étudiant-e-s ont réalisé un happening afin de visibiliser le collectif et faire exister la problématique auprès du public et des profesionnel-les.

Si vous souhaitez témoigner, faire connaître cette initiative, c’est le moment.

contact.arretetoncirque@gmail.com

https://www.facebook.com/hfmidipy

télécharger ici le texte en pdf à diffuser dans vos réseaux.


Cycle d’ateliers santé automne 2021

Les Lundis de 14h à 16h – gratuit – ouvert à toutes et tous sur inscription

à la Maison de quartier St Nicolas, Romans

La santé est décidément une histoire collective, la période d’isolement lié au covid l’a encore montré.  Aussi on vous propose de s’attraper les questions d’inégalités de santé ensemble. Échanger, se renforcer, expérimenter avec nos contraintes financières et nos envies d’un monde meilleur… le tout en tissant nos vécus, nos savoirs et la découverte de diverses pratiques: soin du dos, alimentation, co-écoute, mouvement, refléxions autour du travail  ou encore atelier d’écriture seront nos entrées en matières.

Démarrage du cycle lundi 20 septembre: L’égalité c’est la santé !

Autres dates: 4 octobre, 18 octobre, 8 novembre, 15 novembre, 29 novembre, 13 décembre

Contact et informations auprès de Clémence 06 38 58 81 64

En partenariat avec la Maison de Quartier Saint-Nicolas


Formation Théâtre forum : un outil pour renforcer son pouvoir d’agir

du 25 au 27 octobre 2021 à Romans sur isère

Programme et tarifs ici

S’initier au théâtre de l’opprimé, vivre, ressentir et analyser cet outil. Se donner envie d’essayer, de jouer, de créer, en partant de situations qui sont les vôtres, les nôtres, et essayer de démêler – si c’est possible – ce qu’il y a de social dans ce qui nous arrive de personnel. Tout cela dans le plaisir du jeu théâtral !

 


Formation: Le rôle du Joker en théâtre forum (niveau 2)

du 6 au 8 décembre 2021, en résidenciel au gîte à la noix à Ste Eulalie en Royans (Drôme)

Programme et tarifs ici

Lors de cette formation, nous plongerons dans le rôle passionnant et subtil du Joker: comment penser son action de théâtre de l’opprimé (TO)? quels cadres pour quels objectifs? Nous expérimenterons des outils pour accompagner un groupe à créer une scène de théâtre forum, car joker c’est aussi être metteuse/metteur en scène!  Et,  last but not least, nous vivrons et débrieferons le-a Joker en forum!

Cette formation s’adresse à des personnes qui connaissent déjà le TO et en ont déjà une expérience pratique -même petite-, et qui souhaitent creuser et s’outiller davantage.


Notre rapport d’activité 2020 est disponible ici:  Rapport d’activité 2020


« Nous sommes plusieurs à penser, depuis notre coin d’avoine sauvage, au milieu du maïs extra-terrestre, que, plutôt que de renoncer à raconter des histoires, nous ferions mieux de commencer à en raconter une autre, une histoire que les gens pourront peut-être poursuivre lorsque l’ancienne se sera achevée. Peut-être. »
Ursula K. Le Guin, La théorie de la fiction panier

De quelle matières sont faites nos histoires ? Avec quels mots et quelles idées on pense et on raconte ce qu’on raconte ? Dans la théorie de la fiction panier, l’autrice de science fiction Urusla K Le Guin nous invite à raconter d’autres histoires, des histoires vivantes. Relisez ce texte de 1986, les éditions maisons rose en ont fait une brochure disponible en ligne!

 

Nous remercions chaleureusement la compagnie Le fil à la patte qui nous accueille dans ses locaux des Nouvelles planches à Romans depuis 2017 pour un espace de danse et de recherches sur le mouvement.

 


C’était il n’y a pas si longtemps …

Favoriser la participation: posture et outils

Des journées de formation gratuites pour les animateurs et animatrices enfance et jeunesse de la Drôme, ouverte aux pro et aux bénévoles.

Le groupe, quelle affaire ! Comment être créatif-ve dans nos manières de faire ensemble ? En mars, l’Ebullition propose trois dates au choix pour venir s’outiller pour favoriser la participation et soutenir des dynamiques de groupe riches et émancipatrices, que ce soit avec les enfants, les jeunes, les familles, les partenaires ou en équipe.

Jeudi 11 mars, Jeudi 18 mars, Jeudi 25 mars
de 9h à 16h30, à la MJC Grand Charran, 61 Avenue du Grand Charran, Valence

Ces formations sont gratuites pour les participant-e-s. Elles sont financées par

le Service Jeunesse et Politique de la ville de la DDCS de la Drôme. Attention, le nombre de place étant limité, il ne faut pas tarder à s’inscrire.

 

 

 

photo femme masqué

La pandémie : un miroir grossissant des inégalités.

Et l’éducation populaire
dans tout ça ?

Depuis le 17 mars, comme beaucoup, à l’Ébullition nous sommes confinées avec un dé-confinement progressif ces derniers jours. Cette période inédite nous bouleverse personnellement, mais la pandémie du covid 19 et ses conséquences sanitaires mettent surtout en exergue les inégalités de notre société : des étranger.e.s aux détenu.e.s en passant par les personnes sans domicile fixe, les adolescent-e-s LGBT, les travailleuses du sexe, les personnes en situation de handicap… bref toutes les personnes qui vivent déjà dans la précarité et des discriminations sont aujourd’hui en grande difficulté.

Sans volonté d’exhaustivité, nous vous proposons ici une lecture de cette crise à la lumière des objets de l’association. L’idée ? Chausser les lunettes du genre, de classe et de « race » dans le but d’en tirer des pistes et propositions d’actions.

dessin femmes masquées

Le soin en tension, les femmes sous pression

Avec la pandémie et les mesures de confinement, les tâches de soin aux personnes malades ou dépendantes, ce qui relève du care, sont apparues comme particulièrement essentielle à notre société. Les femmes, principales travailleuses dans ce domaine, sont en première ligne ! « En France : parmi le million de personnes qui composent la fonction publique hospitalière, 78 % sont des femmes. Ce ratio grimpe à 90 % pour les infirmières et les aides-soignantes. » (Bastamag, 16 mars). Les applaudissement pour les soignant-e-s à 20h sont une bien maigre reconnaissance symbolique face à ce que doivent endosser les professionnel.le.s : surcharge de travail, poids émotionnel de la situation, risques en terme de santé liés notamment au manque de protections sanitaires mais aussi aux conséquences psychiques (France Culture, Radiographie du coronavirus, 27 avril).

Plus largement avec la fermeture des crèches et des écoles, l’arrêt d’une partie des aides à domiciles, des aides ménagères ou des assistantes maternelles… les tâches de soin des enfants et de la maison sont à négocier au sein du foyer. Or, ces métiers et ces tâches sont historiquement et massivement prises en charge par les femmes au sein des couples hétérosexuels. L’appropriation de ce travail gratuit des femmes par les hommes constitue, pour les féministes matérialistes notamment, le socle du patriarcat (Voir Delphy, Federici, Guillaumin). Le confinement ne semble pas forcément un moment propice pour re-négocier cette répartition des rôles puisque dans l’absence d’échappatoire, la « bonne entente » entre les conjoints est cruciale (Article de Reporterre, 21 mars). Les femmes avec enfants doivent composer avec un temps haché par la sollicitation des enfants, la tête pleine des futurs menus de la semaine et des devoirs à encadrer. Rien de nouveau sous le soleil nous direz-vous, ça s’appelle la charge mentale (célèbre BD d’Emma, A l’air libre, Mediapart, 13 mai) ! Sauf qu’en temps de confinement, les femmes se retrouvent sans relais (relais qui était déjà très inégalement réparti notamment en fonction de la classe sociale).

De plus, dans cette période anxiogène, l’énergie consacrée au bien-être émotionnel des personnes proches est décuplée. Or, du fait d’une socialisation différente entre garçons et filles, la capacité à parler et faire parler des émotions est, elle-aussi, féminine (Voir Froidevaux-Metterie).

Pour toutes ces raisons, notre modeste action pendant le confinement s’est adressée en particulier aux femmes, mères de famille pour la plupart, pour alléger cette charge ou offrir un espace (téléphonique) pour discuter des difficultés du quotidien, des peurs et des besoins.

Mais le confinement ne s’est pas limité à décupler la charge de travail invisible des femmes, les violences patriarcales ont aussi massivement augmenté ! Le 3919, numéro dédié aux femmes victimes de violences (conjugales, familiales, psychologiques, conjugales, sexuelles, harcèlement…) enregistre une hausse importante des appels (article Parisien, 18 avril). De même, les signalements des violences faites aux enfants sont particulièrement nombreux. Par ailleurs, les femmes ont du faire face aux difficultés d’accès à l’IVG. Bien que le gouvernement ait annoncé l’allongement du délai d’avortement par voie médicamenteuse de 5 à 7 semaines de grossesse, le Planning Familial fait état d’un personnel soignant démuni et mal informé (article Mademoizelle, 17 avril). Tout comme les femmes dont les réseaux sont pollués de fausses informations émanant de groupes anti-avortement. Enfin, sur Internet on a vu fleurir les publicités pour les sites de fitness, nutrition, perte de poids éclair, injonction à ne pas « se laisser aller »… Même enfermées entre quatre murs, les femmes n’échappent pas aux injonctions qui pèsent sur leurs corps d’ordinaire : rester désirable et attirante malgré tout. Néanmoins, certaines ont pu expérimenter une baisse de la pression sur leur apparence du fait de la diminution des interactions sociales et donc du regard social.

A tout cela s’ajoute des métaphores guerrières de lutte contre le virus, des réflexes virilistes des dirigeants et une sur-représentation des hommes dans l’analyse du phénomène (Coronaviril, 6 mai) et dans les médias… Il est urgent de revaloriser les tâches du soin et de travailler à une égale répartition du travail ménager sinon nous finirons par épuiser les personnes qui en ont la charge sur le long terme. De multiples pistes existent : une prise en charge plus collective des enfants, associer davantage les femmes aux prises de décisions, introduire des modules d’égalité fille-garçon dans la formation des professionnel.le.s de l’éducation, de l’animation, du social … Autant de chantiers cruciaux qui risquent pourtant d’être, encore une fois relégués à plus tard, face la crise sociale et économique qui s’annonce.

Pour aller plus loin

A lire :
A voir :

dessin banlieu bocal

Les quartiers populaires fortement impactés et stigmatisés

La France est le pays d’Europe occidentale où les inégalités sociales de santé sont les plus fortes. Pour autant, nous avons très peu de données pour comprendre ces mécanismes et a fortiori prendre des mesures spécifiques (article libération, 4 mai).

La crise du covid ne va pas améliorer la situation : les personnes des milieux populaires sont davantage exposées car le télétravail leur est souvent impossible (caissière, livreur) et ont plus fréquemment des maladies chroniques (diabète, hypertension) qui peuvent rendre le corona virus mortel. Les quartiers populaires concentrent également d’autres inégalités : surpeuplement et insalubrité de certains foyers, chômage, déficit de transports et de services publics, fracture numérique (qui rendent la question des devoirs à la maison des plus compliquée car il n’y a pas assez d’équipement pour tous les enfants)… autant de difficultés qui rendent le confinement particulièrement difficile. Le confinement met, par exemple, à mal les stratégies individuelles pour éviter la trop forte promiscuité dans le foyer, les jeunes passant généralement beaucoup de temps dans l’espace public (article Metropolitic, 16 avril).

Dans le même temps, les quartiers populaires sont pointés du doigt et traités en boucs émissaires sous couvert de l’incivilité présumée de ces populations (article libération, 20 avril). Le traitement médiatique des populations racisées et pauvres en temps de confinement banalise le racisme en oubliant tous les facteurs structurels rappelés ci-dessus. Les stéréotypes péjoratifs sur cette population légitiment une politique particulièrement répressive : le grand nombre de verbalisations en Seine-Saint-Denis atteste principalement d’un nombre important de contrôle accompagnés de violences policières injustifiables.

A l’Ébullition nous pensons qu’il faut résolument contrecarrer ces réflexes xénophobes et travailler en profondeur sur toutes les inégalités que concentrent les quartiers populaires. Encore et toujours lutter contre la stigmatisation des populations immigrées et pauvres.

Pour aller plus loin

à lire :
article Metropolitic, 16 avril
Kiffe ta race #42 : promeneur ou délinquant, les doubles standards du confinement

 

photo rond de mains

Les jours d’après, la part de l’éducation populaire

Heureusement, ce virus aura eu aussi le mérite de mettre un certain coup d’arrêt face à l’emballement d’une machine dont nous ne trouvions plus le frein.

Nous ressentons, plus que jamais, l’importance d’avoir des services publics forts et le besoin d’avoir un hôpital en bonne santé. Pourtant l’hôpital public est mis à mal depuis des années (Voir La casse du siècle, à propos des réformes de l’hôpital public, 2019) et un mouvement social portés par les soignant-e-s le dénonçait jusqu’à la veille de la crise du covid. Se (re)pose aussi la question de l’utilité sociale de nos métiers, du sens de nos actions. Nous ressentons l’extrême nécessité d’être en lien, notre interdépendance entre humains, les dangers de la numérisation du monde, l’importance de notre relation aux vivants non humains, l’approche sensible du monde qui nous fait défaut dans nos quotidiens effrénés.

L’Education populaire a tout son rôle à jouer pour bâtir les jours d’après en travaillant collectivement à construire un monde plus juste, solidaire et viable au service du vivant.

L’Ebullition propose :

Offrir des espaces pour mettre des mots

D’abord, le besoin nous semble criant de mettre des mots sur ce qu’on a vécu pendant le confinement : qu’est-ce qui a été le plus difficile (dans le quotidien, dans le recours aux soins, aux relations – et manque de relations- avec les proches et notamment les enfants pour certain.e.s, l’isolement pour d’autres.) ; quelles sont nos fragilités et quelles ont été nos ressources pendant cette période ? Laisser se déposer ces mots, se reconnaître dans ceux des autres, jouer avec les résonances… Exprimer nos colères. Relier nos subjectivités.

Et puis … partageons nos peurs pour l’après, nos besoins, nos envies. De la question de la vulnérabilité à celle de la réouverture des écoles, en passant par le rapport aux soignant-e-s ou à l’importance des rituels (de naissance et de mort) dans nos sociétés.

Discutons, échangeons sur notre compréhension de ce phénomène : croisons les informations contradictoires, trions et mettons y du sens. Essayons collectivement de comprendre l’ampleur des causes et des conséquences d’un tel événement.

 

Renforcer les solidarités

L’Ébullition travaille depuis 2017, sur la question du care dans l’espace domestique notamment à travers des ateliers permettant aux femmes de quartier populaire de prendre du temps pour elles, d’échanger et se renforcer. En cette période de confinement, c’est vers elles, spontanément, que nous nous sommes tournées en premier lieu. Prendre des nouvelles, faire vivre le lien malgré l’isolement, offrir des ressources pour s’occuper des enfants, échanger sur nos peurs, nos besoins… Nous avons participé à des initiatives locales : distribution de masques lavables fabriqués localement et de légumes (don des jardins de Cocagne de St-Marcel-lès-Valence). A Romans, les réseaux informels et ceux plus traditionnels de l’aide alimentaire se sont croisés ; nous avons travaillé avec la maison de quartier Saint-Nicolas, indirectement avec la Ressourcerie verte, sollicité les CMS etc.

Autant d’initiatives qui gagneraient à être mieux structurées avec d’autres, à s’amplifier, à s’ancrer sur nos territoires. D’autant, qu’on le sait, la crise économique qui s’annonce va, en premier lieu, affecter les plus vulnérables. Nous comptons donc continuer ce travail de maillage territorial notamment sur des questions de santé et d’autonomie. Nos actions continuerons à être construite dans une perspective d’éducation populaire illustrée par la phrase de Lisa Watson, aborigène d’Australie : « Si tu es venu pour m’aider, tu perds ton temps. Mais si tu es venu parce que tu penses que ta libération est liée à la mienne, alors travaillons ensemble. »

photo banderole coloré militante

Travailler aux changements

Nous sommes très loin du jour d’après écologique, féministe et social. Les chantiers sont multiples : adoption de mesures de justice fiscale, revalorisation des métiers du care, régularisation des sans-papiers, plan d’urgence pour les femmes victimes de violence, renforcement des services publics et notamment l’Hôpital public, relocalisation solidaire de l’agriculture, de l’industrie et des services etc.

Dans l’esprit de l’appel du réseau du théâtre de l’opprimé, l’Ébullition souhaite contribuer à construire les jours d’après avec les démarches qui sont les nôtres, notamment celle du théâtre forum !

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