L’ACTU

« La révolution ne commence pas par une marche au soleil, mais par un hiatus, une pause, un déplacement minuscule, une déviation dans le jeu des improvisations et des apparences. »

Un appartement sur Uranus, Paul B. Preciado

Comment continuer à rêver, agir, penser, dans ce monde ? Avec des mots, des mouvements, des rencontres et des actes, nous continuons de bouillir. La colère devant les injustices, l’ardeur de ne pas plier, les tentatives, mêmes minuscules, de continuer à tisser des liens. Avec les unes, les autres, les nous élargi-e-s, les ailes. Sacré foyer sous la marmite.

Dans ce contexte incertain et contraint, retrouver des espaces de liens, de joie, d’enthousiasme, pour tenir terre ensemble.
Partager ce qui nous inquiète, nous bouleverse,  se donner du courage, bâtir des imaginaires, créer et rester bien vivant-e-s. Pour créer dans le trouble, lÉbullition plonge dans des recherches où l’éducation populaire se tisse avec des pratiques artistiques. Danse forum, écriture, poésie, clown, prises de paroles dans l’espace publique et résidence de création sont des ingrédients pour nourrir cette année. A feu doux ou à feu fort, on se fait un plaisir de partager nos ébullitions.

image: page illustrée de Vivre avec le trouble, un livre de Donna Haraway, qu’on aime et qui nous inspire.

 

Nous remercions chaleureusement la compagnie Le fil à la patte qui nous accueille dans ses locaux des Nouvelles planches à Romans depuis 2017 pour un espace de danse et de recherches sur le mouvement.


Théâtre forum : de la découverte de l’outil au rôle du Joker 

du 5 au 9 juillet 2021 à Romans sur isère

Programme et tarifs ici

  • S’initier au théâtre de l’opprimé, vivre, ressentir et analyser cet outil. Se donner envie d’essayer, de jouer, de créer, en partant de situations qui sont les vôtres, les nôtres, et essayer de démêler – si c’est possible – ce qu’il y a de social dans ce qui nous arrive de personnel. Tout cela dans le plaisir du jeu théâtral !
  • Venez approfondir les principes de la pédagogie du théâtre de l’opprimé et acquérir les compétences de base du Joker : accompagner un groupe à créer une scène de théâtre forum, et, moment-clé, animer le forum. À travers des mises en jeu, vous pourrez tester des situations de Joker et analyser quels en sont les ressorts, les difficultés, les ressources et appuis disponibles. Nous prendrons un temps de recul pour mettre en perspective ce rôle au regard de l’éducation populaire et sentir comment il résonne dans votre pratique.

2 groupes seront constitués en fonction du niveau d’expérience et travaillerons ensemble et en parallèle.

Prochain modules à venir:

  • en septembre (dates à venir)
  • du 6 au 8 décembre

Toutes aux frontières!

Rendez-vous le 5 juin 2021 à Nice.  Soyons 10 000 pour dire NON à la politique migratoire européenne ,  et OUI  à une Europe sans murailles !  retrouvez l’appel et les infos pratiques ici


Qu’est-ce que tu fais pour les vacances?

L’Ébullition soutient la mobilisation d’un collectif de parents pour le maintien du centre de loisirs de la Monnaie, à Romans. Situé dans un quartier « prioritaire », ce centre de loisirs de 50 places a été fermé par la Mairie du jour au lendemain, sans aucune information aux parents. S’il reste ouvert les mercredis, aucune solution alternative solide n’est pour l’instant proposée pour les vacances scolaires. Ceci ne concerne pas que la Monnaie, c’est les 2/3 des places de loisirs de la ville qui sont supprimés : 24 places pour les 6/14 ans pour la ville de Romans, est-ce une blague ?
Plus généralement, nous dénonçons la politique de délaissement que mène la municipalité envers le quartier de la monnaie, et un renoncement à une offre jeunesse de qualité dans une période où les familles ont en particulièrement besoin.

Signer la pétition

Pour le maintien du centre de loisirs 6-11 ans à Romans

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Décolonisons nos actions contre le sexisme

Image:  revue Ballast

Un voyage de deux jours, lors duquel nous nous repérerons parmi les courants de pensées, les nœuds et les contradictions qui traversent les féminismes d’aujourd’hui. Afin de mettre au travail nos postures et leurs effets en prenant en compte l’héritage colonial, nous ferons preuve de créativité. L’horizon de cette quête de sens : repenser nos actions au service de l’égalité.  Les 29 et 30 mars à la maison de quartier St Nicolas à Romans, inscription indispensable, prise en charge formation pro possible, tarif: nous contacter.

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Favoriser la participation: posture et outils

Des journées de formation gratuites pour les animateurs et animatrices enfance et jeunesse de la Drôme, ouverte aux pro et aux bénévoles.

Le groupe, quelle affaire ! Comment être créatif-ve dans nos manières de faire ensemble ? En mars, l’Ebullition propose trois dates au choix pour venir s’outiller pour favoriser la participation et soutenir des dynamiques de groupe riches et émancipatrices, que ce soit avec les enfants, les jeunes, les familles, les partenaires ou en équipe.

Jeudi 11 mars, Jeudi 18 mars, Jeudi 25 mars
de 9h à 16h30, à la MJC Grand Charran, 61 Avenue du Grand Charran, Valence

Ces formations sont gratuites pour les participant-e-s. Elles sont financées par

le Service Jeunesse et Politique de la ville de la DDCS de la Drôme. Attention, le nombre de place étant limité, il ne faut pas tarder à s’inscrire.

 


S’inscrire ou se renseigner contactez-nous ! Nos formations sont prises en charge par vos employeurs dans le cadre de la formation professionnelle, profitez-en.

asso.ebullition@gmail.com

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Le catalogue de nos formations 2021 est arrivé

à retrouver ici: Catalogue Formations 2021

Nos formations sont prises en charge par vos employeurs
dans le cadre du droit à la formation professionnell
e, demandez-nous un devis!
Si vous n’avez pas de financement possible, contactez-nous !

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C’était il n’y a pas si longtemps …

 

 

photo femme masqué

La pandémie : un miroir grossissant des inégalités.

Et l’éducation populaire
dans tout ça ?

Depuis le 17 mars, comme beaucoup, à l’Ébullition nous sommes confinées avec un dé-confinement progressif ces derniers jours. Cette période inédite nous bouleverse personnellement, mais la pandémie du covid 19 et ses conséquences sanitaires mettent surtout en exergue les inégalités de notre société : des étranger.e.s aux détenu.e.s en passant par les personnes sans domicile fixe, les adolescent-e-s LGBT, les travailleuses du sexe, les personnes en situation de handicap… bref toutes les personnes qui vivent déjà dans la précarité et des discriminations sont aujourd’hui en grande difficulté.

Sans volonté d’exhaustivité, nous vous proposons ici une lecture de cette crise à la lumière des objets de l’association. L’idée ? Chausser les lunettes du genre, de classe et de « race » dans le but d’en tirer des pistes et propositions d’actions.

dessin femmes masquées

Le soin en tension, les femmes sous pression

Avec la pandémie et les mesures de confinement, les tâches de soin aux personnes malades ou dépendantes, ce qui relève du care, sont apparues comme particulièrement essentielle à notre société. Les femmes, principales travailleuses dans ce domaine, sont en première ligne ! « En France : parmi le million de personnes qui composent la fonction publique hospitalière, 78 % sont des femmes. Ce ratio grimpe à 90 % pour les infirmières et les aides-soignantes. » (Bastamag, 16 mars). Les applaudissement pour les soignant-e-s à 20h sont une bien maigre reconnaissance symbolique face à ce que doivent endosser les professionnel.le.s : surcharge de travail, poids émotionnel de la situation, risques en terme de santé liés notamment au manque de protections sanitaires mais aussi aux conséquences psychiques (France Culture, Radiographie du coronavirus, 27 avril).

Plus largement avec la fermeture des crèches et des écoles, l’arrêt d’une partie des aides à domiciles, des aides ménagères ou des assistantes maternelles… les tâches de soin des enfants et de la maison sont à négocier au sein du foyer. Or, ces métiers et ces tâches sont historiquement et massivement prises en charge par les femmes au sein des couples hétérosexuels. L’appropriation de ce travail gratuit des femmes par les hommes constitue, pour les féministes matérialistes notamment, le socle du patriarcat (Voir Delphy, Federici, Guillaumin). Le confinement ne semble pas forcément un moment propice pour re-négocier cette répartition des rôles puisque dans l’absence d’échappatoire, la « bonne entente » entre les conjoints est cruciale (Article de Reporterre, 21 mars). Les femmes avec enfants doivent composer avec un temps haché par la sollicitation des enfants, la tête pleine des futurs menus de la semaine et des devoirs à encadrer. Rien de nouveau sous le soleil nous direz-vous, ça s’appelle la charge mentale (célèbre BD d’Emma, A l’air libre, Mediapart, 13 mai) ! Sauf qu’en temps de confinement, les femmes se retrouvent sans relais (relais qui était déjà très inégalement réparti notamment en fonction de la classe sociale).

De plus, dans cette période anxiogène, l’énergie consacrée au bien-être émotionnel des personnes proches est décuplée. Or, du fait d’une socialisation différente entre garçons et filles, la capacité à parler et faire parler des émotions est, elle-aussi, féminine (Voir Froidevaux-Metterie).

Pour toutes ces raisons, notre modeste action pendant le confinement s’est adressée en particulier aux femmes, mères de famille pour la plupart, pour alléger cette charge ou offrir un espace (téléphonique) pour discuter des difficultés du quotidien, des peurs et des besoins.

Mais le confinement ne s’est pas limité à décupler la charge de travail invisible des femmes, les violences patriarcales ont aussi massivement augmenté ! Le 3919, numéro dédié aux femmes victimes de violences (conjugales, familiales, psychologiques, conjugales, sexuelles, harcèlement…) enregistre une hausse importante des appels (article Parisien, 18 avril). De même, les signalements des violences faites aux enfants sont particulièrement nombreux. Par ailleurs, les femmes ont du faire face aux difficultés d’accès à l’IVG. Bien que le gouvernement ait annoncé l’allongement du délai d’avortement par voie médicamenteuse de 5 à 7 semaines de grossesse, le Planning Familial fait état d’un personnel soignant démuni et mal informé (article Mademoizelle, 17 avril). Tout comme les femmes dont les réseaux sont pollués de fausses informations émanant de groupes anti-avortement. Enfin, sur Internet on a vu fleurir les publicités pour les sites de fitness, nutrition, perte de poids éclair, injonction à ne pas « se laisser aller »… Même enfermées entre quatre murs, les femmes n’échappent pas aux injonctions qui pèsent sur leurs corps d’ordinaire : rester désirable et attirante malgré tout. Néanmoins, certaines ont pu expérimenter une baisse de la pression sur leur apparence du fait de la diminution des interactions sociales et donc du regard social.

A tout cela s’ajoute des métaphores guerrières de lutte contre le virus, des réflexes virilistes des dirigeants et une sur-représentation des hommes dans l’analyse du phénomène (Coronaviril, 6 mai) et dans les médias… Il est urgent de revaloriser les tâches du soin et de travailler à une égale répartition du travail ménager sinon nous finirons par épuiser les personnes qui en ont la charge sur le long terme. De multiples pistes existent : une prise en charge plus collective des enfants, associer davantage les femmes aux prises de décisions, introduire des modules d’égalité fille-garçon dans la formation des professionnel.le.s de l’éducation, de l’animation, du social … Autant de chantiers cruciaux qui risquent pourtant d’être, encore une fois relégués à plus tard, face la crise sociale et économique qui s’annonce.

Pour aller plus loin

A lire :
A voir :

dessin banlieu bocal

Les quartiers populaires fortement impactés et stigmatisés

La France est le pays d’Europe occidentale où les inégalités sociales de santé sont les plus fortes. Pour autant, nous avons très peu de données pour comprendre ces mécanismes et a fortiori prendre des mesures spécifiques (article libération, 4 mai).

La crise du covid ne va pas améliorer la situation : les personnes des milieux populaires sont davantage exposées car le télétravail leur est souvent impossible (caissière, livreur) et ont plus fréquemment des maladies chroniques (diabète, hypertension) qui peuvent rendre le corona virus mortel. Les quartiers populaires concentrent également d’autres inégalités : surpeuplement et insalubrité de certains foyers, chômage, déficit de transports et de services publics, fracture numérique (qui rendent la question des devoirs à la maison des plus compliquée car il n’y a pas assez d’équipement pour tous les enfants)… autant de difficultés qui rendent le confinement particulièrement difficile. Le confinement met, par exemple, à mal les stratégies individuelles pour éviter la trop forte promiscuité dans le foyer, les jeunes passant généralement beaucoup de temps dans l’espace public (article Metropolitic, 16 avril).

Dans le même temps, les quartiers populaires sont pointés du doigt et traités en boucs émissaires sous couvert de l’incivilité présumée de ces populations (article libération, 20 avril). Le traitement médiatique des populations racisées et pauvres en temps de confinement banalise le racisme en oubliant tous les facteurs structurels rappelés ci-dessus. Les stéréotypes péjoratifs sur cette population légitiment une politique particulièrement répressive : le grand nombre de verbalisations en Seine-Saint-Denis atteste principalement d’un nombre important de contrôle accompagnés de violences policières injustifiables.

A l’Ébullition nous pensons qu’il faut résolument contrecarrer ces réflexes xénophobes et travailler en profondeur sur toutes les inégalités que concentrent les quartiers populaires. Encore et toujours lutter contre la stigmatisation des populations immigrées et pauvres.

Pour aller plus loin

à lire :
article Metropolitic, 16 avril
Kiffe ta race #42 : promeneur ou délinquant, les doubles standards du confinement

 

photo rond de mains

Les jours d’après, la part de l’éducation populaire

Heureusement, ce virus aura eu aussi le mérite de mettre un certain coup d’arrêt face à l’emballement d’une machine dont nous ne trouvions plus le frein.

Nous ressentons, plus que jamais, l’importance d’avoir des services publics forts et le besoin d’avoir un hôpital en bonne santé. Pourtant l’hôpital public est mis à mal depuis des années (Voir La casse du siècle, à propos des réformes de l’hôpital public, 2019) et un mouvement social portés par les soignant-e-s le dénonçait jusqu’à la veille de la crise du covid. Se (re)pose aussi la question de l’utilité sociale de nos métiers, du sens de nos actions. Nous ressentons l’extrême nécessité d’être en lien, notre interdépendance entre humains, les dangers de la numérisation du monde, l’importance de notre relation aux vivants non humains, l’approche sensible du monde qui nous fait défaut dans nos quotidiens effrénés.

L’Education populaire a tout son rôle à jouer pour bâtir les jours d’après en travaillant collectivement à construire un monde plus juste, solidaire et viable au service du vivant.

L’Ebullition propose :

Offrir des espaces pour mettre des mots

D’abord, le besoin nous semble criant de mettre des mots sur ce qu’on a vécu pendant le confinement : qu’est-ce qui a été le plus difficile (dans le quotidien, dans le recours aux soins, aux relations – et manque de relations- avec les proches et notamment les enfants pour certain.e.s, l’isolement pour d’autres.) ; quelles sont nos fragilités et quelles ont été nos ressources pendant cette période ? Laisser se déposer ces mots, se reconnaître dans ceux des autres, jouer avec les résonances… Exprimer nos colères. Relier nos subjectivités.

Et puis … partageons nos peurs pour l’après, nos besoins, nos envies. De la question de la vulnérabilité à celle de la réouverture des écoles, en passant par le rapport aux soignant-e-s ou à l’importance des rituels (de naissance et de mort) dans nos sociétés.

Discutons, échangeons sur notre compréhension de ce phénomène : croisons les informations contradictoires, trions et mettons y du sens. Essayons collectivement de comprendre l’ampleur des causes et des conséquences d’un tel événement.

 

Renforcer les solidarités

L’Ébullition travaille depuis 2017, sur la question du care dans l’espace domestique notamment à travers des ateliers permettant aux femmes de quartier populaire de prendre du temps pour elles, d’échanger et se renforcer. En cette période de confinement, c’est vers elles, spontanément, que nous nous sommes tournées en premier lieu. Prendre des nouvelles, faire vivre le lien malgré l’isolement, offrir des ressources pour s’occuper des enfants, échanger sur nos peurs, nos besoins… Nous avons participé à des initiatives locales : distribution de masques lavables fabriqués localement et de légumes (don des jardins de Cocagne de St-Marcel-lès-Valence). A Romans, les réseaux informels et ceux plus traditionnels de l’aide alimentaire se sont croisés ; nous avons travaillé avec la maison de quartier Saint-Nicolas, indirectement avec la Ressourcerie verte, sollicité les CMS etc.

Autant d’initiatives qui gagneraient à être mieux structurées avec d’autres, à s’amplifier, à s’ancrer sur nos territoires. D’autant, qu’on le sait, la crise économique qui s’annonce va, en premier lieu, affecter les plus vulnérables. Nous comptons donc continuer ce travail de maillage territorial notamment sur des questions de santé et d’autonomie. Nos actions continuerons à être construite dans une perspective d’éducation populaire illustrée par la phrase de Lisa Watson, aborigène d’Australie : « Si tu es venu pour m’aider, tu perds ton temps. Mais si tu es venu parce que tu penses que ta libération est liée à la mienne, alors travaillons ensemble. »

photo banderole coloré militante

Travailler aux changements

Nous sommes très loin du jour d’après écologique, féministe et social. Les chantiers sont multiples : adoption de mesures de justice fiscale, revalorisation des métiers du care, régularisation des sans-papiers, plan d’urgence pour les femmes victimes de violence, renforcement des services publics et notamment l’Hôpital public, relocalisation solidaire de l’agriculture, de l’industrie et des services etc.

Dans l’esprit de l’appel du réseau du théâtre de l’opprimé, l’Ébullition souhaite contribuer à construire les jours d’après avec les démarches qui sont les nôtres, notamment celle du théâtre forum !

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